Facebook et la traduction automatique

Lorsque vous naviguez sur une page Internet rédigée dans une langue étrangère, il est possible de la traduire à l’aide d’un symbole situé au bout de la barre d’adresse, comme illustré ci-dessous. La traduction est casi instantanée : en quelques secondes, vous pourrez consulter des pages Web rédigées dans (presque) toutes les langues.

Voici la page d’accueil du Monde en français et sa traduction en espagnol :

Pour vérifier la fiabilité de cet outil, j’ai décidé de traduire les titres de quelques articles du New York Times en français. Je vous laisse observer les résultats et vous faire une idée des traductions :

On observe des incohérences, des constructions syntaxiques et lexicales qui n’existent pas dans la langue française, ou encore des erreurs dus aux faux-amis, la bête noire des outils de traduction automatique. En effet, en anglais le substantif commercial signifie à la fois « commercial » (l’adjectif), mais aussi « publicité, spot publicitaire ».

Pour étudier les traductions automatiques pour la combinaison anglais-espagnol, j’ai mis cet outil à l’épreuve sur la page d’accueil de El País, en particulier pour traduire la barre de navigation située en haut de la page permettant de choisir la langue de rédaction des articles et la zone géographique : ESP (Espagne), AME (Amérique), BRA (Brésil), CAT (Catalogne), ENG (en anglais).

Encore une fois, les traductions sont automatiques et mot-à-mot et l’outil détecte les mots anglais à traduire : bra devient sostén (soutient-gorge) et cat devient gato (chat).

Le réseau social Facebook expérimente lui aussi depuis une dizaine d’années la traduction automatique de ses contenus et propose aux utilisateurs de traduire leurs publications et commentaires. Il est même désormais possible de noter ces traductions et d’en proposer des modifications et corrections.

Un journal israélien a d’ailleurs récemment rapporté la mésaventure d’un jeune palestinien victime d’une traduction automatique sur Facebook. Il avait décidé de publier en octobre une photo accompagnée d’un simple Bonjour (en arabe), malencontreusement traduit « attaque-les » en hébreux et « blesse-les » en anglais. La police israélienne a vite été informée de ce message et l’a arrêté et interrogé pour en savoir plus sur ses intentions. Cette erreur de traduction lui a valu des excuses d’un cadre du département de traduction du réseau social.

Ces traductions automatiques sont utiles car elles nous permettent de consulter du contenu non disponible dans notre langue maternelle, mais attention aux malentendus et fautes de sens car le chemin vers des traductions automatiques fiables à 100 % est toujours long !

Publicado en Au Carrefour des langues.

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