La question du trilinguisme en Belgique.

Savez-vous quel est le point commun entre le Canada, Madagascar, la Suisse ou encore la Belgique ? Ces pays disposent d’au moins deux langues officielles : le français et l’anglais au Canada ; le français et le malgache à Madagascar ; le français, l’allemand et l’italien en Suisse ; et le français, le néerlandais et l’allemand en Belgique.

Intéressons-nous au cas Belge. La langue française devient langue officielle et par ailleurs langue de l’élite en 1830 avec la création de la Belgique. Le Néerlandais jouissait alors d’un prestige inférieur. En 1962 sont créés quatre régions linguistiques ayant chacune sa (ou ses) langue(s) officielle(s) : la ville de Bruxelles, capitale du pays et de la région de Flandre (statut bilingue français-néerlandais), la Flandre (néerlandais), la Wallonie (français) et la région germanophone (allemand).

La langue des communications publiques et la langue utilisée pour s’adresser à l’autorités sont définies par la langue officielle de la région correspondante.

Dans le secondaire, les cours de néerlandais ne sont pas obligatoires pour les étudiants francophones. Seulement la moitié de ces derniers choisissent cette langue, en deuxième position après l’anglais. Les étudiants néerlandais sont proportionnellement plus nombreux à choisir d’étudier le français.

Politique linguistique.

La politique linguistique en Belgique définit les langues « officielles » dans de nombreux domaines de la vie publique et politique. La parité des langues du Conseil des Ministres est un bon exemple : le Premier Ministre éventuellement excepté, le Conseil des ministres compte autant de ministres d’expression française que d’expression néerlandaise (article 99 de la Constitution de 1994).

Les procès se déroulent dans la langue de la région linguistique du lieu du tribunal. Dans le cas où l’accusé ne puisse comprendre et s’exprimer (ou mal comprendre et s’exprimer) dans la langue correspondante, ce premier peut soit : (1) accepter que le procès se déroule dans la langue de la région linguistique, (2) faire appel à un service d’interprétation (à la charge de l’État), après approbation du juge, (3) demander que le procès se déroule devant la cour d’une autre province pour ainsi pouvoir s’exprimer dans une autre langue.

Enfin, en Belgique, les panneaux de signalisation et l’affichage public sont rédigés dans la langue officielle de la région linguistique correspondante. À Bruxelles, tout est rédigé en français et en néerlandais.

Prenez garde si vous conduisez entre Liège et Bruges ! À votre départ, vous lirez les panneaux en français. Arrivés dans la capitale belge, les directions seront affichées en français et en néerlandais. Pour finir, dès votre sortie de Bruxelles et jusqu’à Bruges, les panneaux seront … uniquement en néerlandais !

Publicado en Au Carrefour des langues.

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