Le bilinguisme au Canada

Pour faire suite à l’article de la semaine dernière sur le bilinguisme/trilinguisme en Belgique, je vous propose aujourd’hui de traverser l’Atlantique pour découvrir la situation du bilinguisme… au Canada.

Selon le recensement de 2011,  l’anglais est la langue maternelle de 56,9 % des citoyens canadiens, contre 21,1 % de langue maternelle française. Le reste de la population, soit 19,8 % dispose d’une autre langue maternelle. La population anglophone est donc le groupe linguistique majoritaire.

Depuis la loi constitutionnelle de 1982, le français et l’anglais sont les deux langues officielles du gouvernement fédéral. Le gouvernement est tenu de travailler dans les deux langues pour que les citoyens disposent de toute information officielle dans une des deux langues et puissent s’exprimer dans la langue de leur choix. Un autre exemple intéressant de la vie de tous les jours ? Les étiquettes des produits alimentaires, disponibles eux-aussi dans les deux langues. Il en est de même pour les panneaux de signalisation : dans les zones bilingues, l’information apparaît dans les deux langues sur le même panneau ou sur deux panneaux différents.

La situation linguistique est cependant différente au niveau provincial. Chaque province détermine sa ou ses langues officielles.

Le Nouveau-Brunswick est depuis 1969 la seule province officiellement bilingue. L’anglais et le français sont donc les deux langues officielles « pour toutes les fins relevant de la compétence de la Législature du Nouveau-Brunswick » et bénéficient donc du même statut.

La province de Québec est officiellement francophone mais fournit des services en anglais pour les minorités francophones. C’est la province où les citoyens bilingues sont les plus importants : 40,8 % des québécois connaissent parfaitement les deux langues. D’ailleurs, de plus en plus de citoyens français sont attirés par cette région où le français est largement parlé et décident d’y poursuivre leurs études ou de s’y installer pour travailler. Près de 8 personnes sur 10 sont de langue maternelle française dans cette province.

Les provinces des Québec et Manitoba sont elles obligées à adopter leurs lois dans les deux langues. Enfin, les sept autres provinces sont anglophones mais offrent certains services en français destinés à la minorité francophone.

Ottawa, la capitale canadienne, se trouve dans l’Ontario, où 68,8 % des habitants sont de langue maternelle anglaise, 3,8 % de langue maternelle française et 25,6 % d’une autre langue maternelle. Tous les services proposés par la ville sont disponibles tant en anglais comme en français, cependant la ville n’a pas le statut de ville « bilingue », comme l’est Bruxelles par exemple. Un projet de loi est en cours pour que la ville dispose des deux langues officielles, malheureusement le Conseil de la ville d’Ottawa n’est pas favorable à cette décision.

Certes les citoyens de langue maternelle anglaise sont plus présents que les citoyens de langue maternelle française. Cependant, le statut de pays bilingue et la cohabitation de citoyens parlant des langues différentes implique que toute information, toute déclaration officielle, etc. apparaisse dans les deux langues officielles du pays : le français et l’anglais.

Le marché de la traduction est donc très important. Mais attention, n’oubliez pas que le français du Canada est différent du français de France : pour un même texte en anglais, la traduction réalisée par un traducteur de France sera donc différente de la traduction réalisée par un traducteur du Canada !

À tantôt (au revoir) !

Publicado en Au Carrefour des langues.

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